Retroussez vos manches

Non ce n’est pas un ministre de l’après-guerre qui vient de déclarer cela mais le Président de la République lors de la présentation de ses vœux aux Français. Son rappel du « travaillez plus » lui était dicté par ses engagements de campagne électorale…

Non ce n'est pas un ministre de l'après-guerre qui vient de déclarer cela mais le Président de la République lors de la présentation de ses vœux aux Français.

Son rappel du "travaillez plus" lui était dicté par ses engagements de campagne électorale et par la nécessité de la "Refondation".

Cet engagement ne vaut d'ailleurs que pour lui-même car tout le monde sait bien que la grande majorité des Français ne veut pas de sa contre-réforme des retraites et que la quasi-totalité des organisations syndicales, des "grands corps de la République" et des associations diverses et variées, ne participent pas à son "Conseil de la Refondation".

Alors, pourquoi cet entêtement et cet acharnement ? Faire payer aux gueux et aux manants d'avoir démonté "la Bastille" ?

Il nous a expliqué pendant près de 20 minutes qu'il faut travailler, encore travailler, toujours travailler, le plus tard possible pour sauver le régime par répartition.

N'était-ce pourtant pas lui, il y a quelques mois, qui voulait le briser avec la mise en place de la retraite à points et la destruction des 42 régimes existants ?

Il y aurait péril en la demeure pour le financement du régime par répartition selon lui, alors que dans son propre "camp" on considère qu'il n'y a pas urgence et que le Conseil d'orientation des retraites ne voit pas de difficultés majeures au cours des années qui viennent.

Il faut travailler, toujours selon lui, plus longtemps car l'espérance de vie est bien là. Pourtant, le soir des vœux, en dehors d'un "coup de pipeau" pour féliciter les personnels hospitaliers, les services de sécurité, les fonctionnaires et les agents du service public, le Président n’a pas eu un mot sur les trois ans de galère dans les hôpitaux ! Qui plus est, la misère hospitalière continue. Les sommités médicales et les médecins, qu'ils soient des hôpitaux ou généralistes, tirent la sonnette d'alarme pour dire que nous allons droit dans le mur compte tenu de toutes les épidémies que nous vivons. Les morts ont pensé à leur espérance de vie seulement lorsqu’ils n’ont pas pu être hospitalisés faute de moyens dans toutes les structures de santé à l’hôpital comme à la ville.

Ni à l'hôpital, ni à l'école, le Président, lors de ses vœux, n'a fait la moindre proposition si ce n'est celle qui consiste à pouvoir occuper un deuxième emploi dans les secteurs en difficultés comme les transports. Pour lui, c'est sans doute le moyen de régler les problèmes de pouvoir d'achat.

Quant aux artisans qui sont obligés de mettre la clé sous la porte pour des raisons liées aux augmentations considérable du prix de l'énergie, il ne répond pas en proposant des mesures conduisant à un retour à des prix acceptables mais en annonçant des aides.

Ce n'est pas ce que veulent notamment les boulangers qui se mettent en grève parce qu'ils ferment tous, les uns derrière les autres.

C'est d'ailleurs le cas pour quantités de professions et pour les Français, de façon générale, qui subissent de plein fouet l'explosion des prix de l'énergie (fioul, gaz, électricité etc.). Énergies que nous possédions en grande quantité grâce à notre parc nucléaire, délaissé, négligé, par les gouvernements qui se sont succédés pour répondre aux effets de mode. Aujourd'hui par manque d'entretien de nos centrales, nous risquons des coupures, et subissons des prix prohibitifs qui amènent les Français à ne plus pouvoir faire face à l'inflation et à ne plus se chauffer.

Autre élément développé par le Président de la République "la réindustrialisation". Il y a plus de 10 ans que cette promesse est portée et nous constatons aujourd'hui que ce qui ne s'était pas produit jusqu'à présent est le manque de médicaments produits en France, pourtant 6ème puissance mondiale. La réindustrialisation touchera-t-elle l'industrie automobile ? Il est vrai que dans le cadre de la sobriété énergétique, il faut économiser l'électricité…mais acheter des véhicules électriques…dont les batteries seront fabriquées en Chine et qui coûteront "la peau du c.." Encore un petit mot, dans les vœux, nous ne savons pas ce qu'il propose pour l'école mais nous sommes sûrs qu'il veut confier "clés en mains" les lycées professionnels au patronat.

Le Président de la République nous a fixé quelques rendez-vous en 2023. Il peut nous faire confiance NOUS Y SERONS !

Paris, le 3 janvier 2023